What is it about?

La géographie universitaire possède une forme d’autobio-géographie instituée : l’égo-géographie, qui consiste pour un.e géographe à retracer son cheminement intellectuel et spatial, et à consolider sa légitimité de chercheur dans le cadre du mémoire de synthèse de l’habilitation à diriger des recherches. Dans les récits de voyage ou les essais autobiographiques écrits par des géographes défroqués, comme Gilles Lapouge, Emmanuel Ruben ou Cédric Gras, s’élaborent des égogéographies détournées, qui mettent en scène un art de la géographie parallèle. Le récit de voyage s’apparente alors à un récit de formation dont le protagoniste forge son identité au contact du monde, et développe un goût pour la géo-graphie, conçue comme écriture de la terre. Là où le géographe universitaire recompose les étapes de son intégration à la discipline, Lapouge, Ruben et Gras restituent des gestes de rupture, contribuant à la relativisation du scientisme que les géographes eux-mêmes ont commencé à engager.

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This page is a summary of: Égo-géographies détournées : fragments d’autobiographie intellectuelle chez Gilles Lapouge, Emmanuel Ruben et Cédric Gras, March 2026, De Gruyter,
DOI: 10.1163/9789004759800_004.
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