What is it about?
Sans avoir une longue histoire derrière elle, l’étude du contact des populations et de ses incidences sur les langues a des terrains de prédilection, qu’il s’agisse de la considération de pratiques (bilinguisme, alternance codique), de la reconnaissance de dynamiques interactionnelles (agentivité1, emprunt,…), sociolinguistiques (différenciations fonctionnelles,…) ou psychosociales (constructions d’identités,…) ; que l’on traite de processus cognitifs (métatypie, grammaticalisation,…) ou des modifications dans les formes et les structures des codes (langues mixtes, créoles, aires de convergence, interférences,…). Corrélativement, on sait que cette saisie du contact a introduit à tout un ensemble de problèmes qui concernent nos modes de penser les langues, les dynamiques de leurs constitutions, de leurs évolutions et leurs transformations. Actuellement il est patent que ces problèmes s’insèrent dans des orientations qui débordent les champs disciplinaires et se traduisent dans l’émergence de modèles potentiels (théories de l’évolution et de la complexité, etc.). En conséquence, pour beaucoup de linguistes il est devenu normal de tenir compte de l’hétérogénéité des formes de langues, de leur variabilité, de leur multiplicité et des effets induits de ces phénomènes. Cependant, malgré l’importance de leurs développements ces approches donnent peu de place aux phénomènes de variation diastratique et diaphasique qui affectent les langues dans leur fonctionnement ordinaire et mettent en jeu les locuteurs et les communautés car elles ne sont pas souvent considérées comme pertinentes dans l’étude du contact des langues. Or les faits de stratification et de différenciation linguistique qu’elles montrent renvoient bien à la dynamique du contact et leur considération contribue à éclairer cette question. J’assume que ces phénomènes-là, apparemment hors champ puisqu’ils ne s’insèrent pas dans les domaines habituellement retenus par les études du contact des langues, sont, malgré tout, intimement concernés par cette problématique. De plus, je postule que leur approche permet d’élargir le débat en questionnant des procès essentiels tels ceux de la construction du sens et de la sémiotisation des formes, car les procès de mise en signification des faits de langues présupposent à la fois un clivage, une différenciation des formes, et une élaboration de la distinction introduite. La considération de ces phénomènes permet ainsi de gagner en généralité et finit par toucher ce que je définirai comme ‘le linguistique’. Le contact est alors appréhendé « au cœur des langues », en tant que moteur essentiel des dynamiques qui les affectent.
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This page is a summary of: Contacts des langues et contact dans la langue : heterogeneite, construction de l'homogene et emergence du 'linguistique', Journal of Language Contact, January 2007, Brill,
DOI: 10.1163/000000007792548350.
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